La précarité des étudiants, la surdité du gouvernement

Le jeudi 21 janvier 2021, Macron annonçait dans les médias aux 2,7 millions d’étudiants, l’octroi des mêmes droits que les salariés, la possibilité de pouvoir se rendre en cours 1 fois par semaine, et de pouvoir bénéficier de 2 repas quotidiens à un euro dans les CROUS, et un « chèque psy ».
Pourtant, quelques semaines plus tard, les annonces semblent se nuancer, voir se contredire, avec l’idée de renforcer le confinement, en dépit de la détresse des jeunes, des dépressions, des tentatives de suicides, ou hélas, tentatives réussies, comme le pauvre Guillaume, à qui un hommage vibrant a été rendu. Dans l’une de ses déclarations, Castex entretient le plus grand flou et s’interroge : « Même quand on est confinés, on a pu parfois prévoir un certain nombre d’exceptions. Est-ce que, compte tenu de la réalité des étudiants, on les fait rentrer dans les exceptions ? »
Pourtant, dans les rangs de la majorité, l’inquiétude monte jusque dans l’hémicycle, et le constat d’une génération sacrifiée fait l’objet de certaines attentions. Ce pseudo-humanisme, totalement hypocrite dans les rangs de la majorité, n’empêche pas le mépris de la ministre de l’enseignement supérieur Frédérique Vidal, complètement sourde aux propos qui alerte sur la situation dramatique des étudiants.
Le gouvernement étudie par ailleurs, une éventuelle proposition d’obtenir, pour les 18-25 ans, un emprunt jusqu’à 10 000€ à taux 0. Évidemment, la gauche dénonce dans son ensemble toute idée d’ajouter à la détresse, une difficulté financière encore plus catastrophique avec un tel sur-endettement, sachant que par ailleurs, malgré leur pauvreté, le RSA n’est toujours pas accordé aux étudiants.
La crise sanitaire n’a fait qu’aggraver la précarité des étudiants, les files d’attentes aux banques alimentaires gonflent, les petits jobs se raréfient, et en réponse, nous avons une Frédérique Vidal, ministre de l’enseignement supérieur de la recherche et de l’innovation qui, totalement hors des clous, nous parle d’islamo-gauchisme dans les universités. La question obsède tellement la ministre de l’enseignement supérieur, qu’elle a demandé au CNRS de valider le terme et la théorie qui en découle. D’un point de vue scientifique, l’idée a été rejetée, et Castex a recadré sa ministre.
Pourtant, face aux manquements évidents, les étudiants ont des propositions pour sortir de la précarité, comme l’ouverture de l’accès au RSA dès 18 ans (revenu étudiant) dont le coût serait de 5,3 milliards d’euros ce qui, comparé à un CICE de 23 milliards, serait bien moins onéreux. La revalorisation des APL, rabotées sans raison valable, serait bienvenue pour une plus grande autonomie. Les étudiants revendiquent leur « utilité » dans la société, demandent la reconnaissance légitime du travail qu’ils accomplissent, et mettent en avant le fait que, comme les chercheurs, ils sont un investissement sur l’avenir de notre pays. Mais le MEDEF ne l’entend pas de cette oreille, pour eux, le RSA est un revenu de non activité et n’a pas lieu d’être attribué.
Les étudiants constatent par ailleurs, à juste titre, que les bourses sont versées à leurs parents et non pas à eux directement, ce qui tend forcément à une forme d’infantilisation. Et bien entendu, ils demandent une revalorisation de 1,5 milliards d’euros des bourses.
L’autre pan catastrophique de la situation estudiantine, bien sûr, est l’état de santé mental au plus bas qui les touche. Le collectif associatif Étudiants Fantômes se bat contre les persécutions psychologiques, et demandent une refonte totale du soutien moral, par le biais de prises en charges par la CPAM de thérapies à la fois préventives et curatives.
Pour les étudiants étrangers, la demande est un accès aux soins gratuits, sans carte vitale, et la prise en charge du 1/3 payant pour tous.
Face aux défis actuels, face à la détresse, à la Covid, les moins de 25 ans sont bel et bien une génération sacrifiée, même si le gouvernement refuse ce constat. La bataille qui doit aujourd’hui s’engager se fonde sur l’attribution d’un RSA, une revalorisation des bourses et des APL, un accès aux soins physiques et psychologiques. En opposition totale à cette politique des ventres vides scandaleuse.

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