Privatisation d’Aéroports de Paris

ADP, c’est quoi ?

Aéroport de Paris (ADP) est une entreprise française actuellement détenue par l’État. Elle regroupe 3 aéroports internationaux tels que : Paris-Orly, Paris-Charles de Gaulle et Paris-Bourget ainsi que 10 aérodromes civils d’aviation générale et un héliport.

Que représente ADP pour l’État ?

ADP est un actif particulièrement stratégique pour l’État français :

– Paris-Charles de Gaulle constitue le 2ème aéroport d’Europe et le 10ème dans le monde

– ADP est aussi gestionnaire des 1ers aéroports métropolitains, soit 51 % du trafic national et 83 % du fret aérien

– ADP, c’est 6 680 hectares de superficie, soit l’équivalent de 2/3 de la ville de Paris

– C’est la première frontière de France avec 89 millions de passagers d’Europe et international passés par ses aéroports en 2018. Leur nombre devrait augmenter de +2,8 % d’ici les 5 prochaines années.

Pourquoi le Gouvernement souhaite t-il privatiser ADP ?

Le projet de privatisation ne passe décidément ni à l’Assemblée, ni au Sénat. Face à ses opposants, le gouvernement tente d’argumenter, mais de manière caricaturale :

– Puisque l’État conserve 20 % du capital d’ADP, il ne s’agit donc, pour lui, non pas d’une vente mais d’une concession. À la fin de cette concession, l’administration pourra éventuellement racheter les actifs de la société.

Cependant, on ne voit pas comment l’État pourrait racheter des actions, avec toutes les dépenses auxquelles il doit répondre.

– Une vente des Aéroports à 10 milliards d’euros, qui devrait lui rapporter par la suite 250 millions d’euros pour financer partiellement son « fond pour l’innovation de rupture ».

Or compte-tenu de la croissance du trafic aérien, l’entreprise ADP a elle seule pourrait, d’ici 3 ans, apporter les 10 milliards d’euros nécessaires et beaucoup plus dans les années suivantes.

– Le Gouvernement estime qu’ADP n’est pas une entreprise stratégique et que son activité se résume à du commerce.

Or il oublie que 60 % du chiffre d’affaires d’ADP est réalisé sur les activités aéronautiques stratégiques : construire, aménager, développer et exploiter les aéroports d’Ile de France.

– Les macronistes s’insurgent contre l’idée que la concession d’ADP pourrait attirer des intéressés mal intentionnés, et avance la volonté de ne pas céder ses biens à d’autres compagnies étrangères sous contrôle étatique.

Mais il existe cependant de véritables risques : la perte de la souveraineté, le détournement de l’impôt que beaucoup d’entreprises pratiquent, l’arrivée de la corruption, la perte du contrôle sur le trafic aérien lequel compte pour au moins 2 % des émissions de gaz à effet de serre. Par ailleurs, la vente pourrait s’avérer fatale si l’État souhaite imposer des mesures écologiques (taxe carbone, limitation du trafic aérien…)

Cette privatisation, ou plutôt ce hold up

Les acheteurs privés d’ADP ne prendront aucun risque. Ils emprunteront avec garantie de l’État pour prendre nos biens. Pendant 70 ans, ils seront propriétaires de kilomètres carrés, de terrains, progressivement expropriés,  en région parisienne, alors que l’évolution évidente du transport aérien, avec l’abandon progressif du pétrole, va les libérer pour la spéculation immobilière.

Le référendum ADP

Le jeudi 9 mai 2019, le Conseil constitutionnel a validé le référendum demandé le 10 avril par 248 députés et sénateurs. Pour les aéroports de Paris-Charles-de-Gaulle, Paris-Orly et Paris-Le Bourget, il s’agit de recueillir 4,7 millions de voix favorables à la tenue d’un tel scrutin au cours des neuf prochains mois. Les élus communistes annoncent qu’ils prendront toute leur part dans la collecte avec l’appui de leurs forces militantes.

Ayant réduit le rôle du pouvoir législatif à une chambre d’enregistrement compte tenu de sa majorité écrasante, jamais l’exécutif n’avait imaginé un recours à un référendum d’initiative partagée.

Avertis par le désastre de la privatisation des autoroutes, les parlementaires et sénateurs, se sont ralliés à l’opinion publique, estimant qu’il était incompréhensible que l’État se sépare d’une infrastructure stratégique et, qui plus est, bénéficiaire. Ils ont ainsi accepté de signer pour déposer un texte de loi référendaire sur la privatisation d’ADP. Le recueil des signatures pour le référendum risque inévitablement d’amener la question plus générale de la gestion des biens publics, du rôle de l’État, du contrôle et de la transparence des opérations cédées au privé.

4,7 millions de signataires en 9 mois

Les obstacles sont nombreux, car il s’agit d’accumuler les signatures de 10 % du corps électoral en 9 mois. Face à la surdité du gouvernement, un véritable alignement des planètes s’est opposé à ce hold up sur ADP. À l’initiative du député communiste Stéphane Peu, les opposants à la privatisation des Aéroports de Paris entendent faire décoller désormais le référendum d’initiative partagée. Pour le député PCF Sébastien Jumel, « pas de succès sans la mobilisation partout ».

Il s’agit donc là d’une bataille prioritaire pendant les 9 mois prochains et nous pouvons la gagner. Dans notre département, cette bataille, outre son importance en terme de démocratie, d’économie et d’environnement, est également une opportunité pour reconstruire le lien avec toutes les forces de gauche politique et sociale. Multiplions dans les villes cette démarche.

Appel pour une campagne commune :

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