Privatisation et référendum ADP

La collecte des signatures pour le référendum sur la privatisation d’Aéroports de Paris a commencé. Soumise par 248 parlementaires, la proposition de loi référendaire vise à « affirmer le caractère de service public national de l’exploitation des aérodromes de Paris ».

La perspective d’un référendum sur la privatisation d’Aéroports de Paris constitue un camouflet pour le président de la République. Dès son passage au ministère de l’économie, Emmanuel Macron avait tout mis en œuvre pour céder ce joyau de l’État français.

Or rarement une opération de privatisation n’aura été autant associée au nom d’un seul candidat : le groupe de BTP Vinci, déjà actionnaire à hauteur 8 % du capital. Elle ne fait pas mystère de son envie de passer la barre des 50 %. Seul hic, le bâtisseur a déjà été le bénéficiaire d’une opération de privatisation contestée : celle d’une partie du réseau autoroutier français, en 2006. A l’époque, le contrat a été tellement mal ficelé que l’État a dû, depuis, se contorsionner pour limiter les hausses de tarifs des péages, particulièrement mal vécues par les automobilistes.

Sans compter que Vinci est aussi un bâtisseur et un promoteur immobilier. Lorsqu’il faudra construire le futur terminal 4 de Roissy ou de nouveaux immeubles de bureaux, Vinci aéroports ne sera-t-il pas tenté de privilégier Vinci bâtisseur, au détriment d’autres entreprises ?

Un aéroport n’est pas une entreprise comme les autres : c’est un outil stratégique de politique économique. ADP a ainsi généré 600 millions d’euros de bénéfices en 2018.

Et si au lieu de privatiser ADP, l’État utilisait cette entreprise pour d’autres politiques publiques ? Pour une autre politique de l’aérien très pollueur et peu taxé ?

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