Réforme de l’assurance chômage

Les privés d’emploi ne sont pas coupables

Le gouvernement provoque un séisme en proposant une retenue de 3,4 milliards d’euros

Pour remettre la France au travail, la Macronie tape sur les chômeurs et sabre leurs indemnités. Les arguments principaux étant le déficit de 35 milliards de l’Unédic, et l’idée de créer 150 000 à 200 000 emplois.

Les syndicats dénoncent un durcissement sévère qui va pénaliser tous les chômeurs, dont un sur trois au lieu d’un sur deux, se verront attribuer des indemnités. Les premiers décrets sont annoncés pour la fin de l’été 2019.

Explications

Il faudra avoir travaillé six mois sur les vingt-quatre derniers mois au lieu des quatre mois sur vingt-huit actuellement pour accéder à ses droits. Par ailleurs, il faudra avoir travaillé un mois pendant sa période de chômage pour voir ses indemnités prolongées.

Pour Édouard Philippe, la France doit s’adapter dans une conjoncture économique plus favorable.

Les syndicats, quant à eux, dénoncent une dérive qui va exclure 300 000 personnes.

Les plus précaires à nouveau sanctionnés

Depuis des mois, le gouvernement Macron martèle qu’il existe des profiteurs gagnant d’avantage au chômage qu’en travaillant, en dépit des statistiques de l’Unédic qui indique qu’il ne s’agit que de 4% des demandeurs d’emploi. Il est à noter par ailleurs que sur six millions d’inscrits à Pôle emploi, on trouve moins de 700 000 offres sur leur site, et en majorité, des CDD.

Pour les cadres, même motif, même punition

Dans cette catégorie, les demandeurs d’emploi se verront amputés de 30% de leurs indemnités dès le septième mois, sauf pour les plus de 57 ans. Ceci afin d’éviter de se complaire dans l’inactivité dont ils sont soupçonnés par une note interne de Pôle emploi. Pourtant, la réalité montre que les cadres contribuent davantage à renflouer les caisses de l’assurance chômage qu’à les vider. Une alliance syndicale a vu le jour pour s’opposer au sort réservé aux cadres : le CFE-CGC, la confédération de l’encadrement, et l’UGICT, l’Union syndicale des ingénieurs et techniciens de la CGT. Le 11 juin, ils ont lancé « non à la dégressivité des allocations chômage ». Ils ont recueilli à ce jour plus de 7000 signature sur Change.org.

Le versant patronal

Afin d’éviter les contrats courts, le gouvernement promet d’appliquer sa mesure du bonus-malus aux entreprises qui abusent. Or, 75% des patrons ont recours à ces contrats de moins d’un mois. En passant, le MEDEF trouve encore à se plaindre, et dénonce un manque de flexibilité et des pénalités injustes, alors qu’elles atteignent parfois 10 euros par contrat !

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